L’émotion fait la solution

Phase notaire du partage après divorce.

Le partage de biens du divorce, ou de la séparation, passe normalement par une étape notaire.

Elle donne de très bons résultats si elle est bien gérée.

Les époux assistés de leurs avocats,

le notaire destinataire des intentions des parties par un mémoire.

Chacun sait ce qu’il veut.

Le travail commun chez un notaire de Haute-Vienne.

Une bonne maison.

Le notaire est chaleureux et connaît bien les éléments du débat.

Il s’agit pour lui de préparer un projet de partage d’une communauté, alors que les époux sont en instance de divorce, après avoir comparu en conciliation.

Les avocats des parties, un confrère pour l’épouse, et moi-même pour le mari ont eu avant la réunion des échanges positifs.

Notre objectif est une solution acceptable pour nos clients.

L’enjeu résiduel, et majeur, consiste dans le sort de deux biens immobiliers.

Une maison d’une valeur de 300 000 €.

Elle est occupée par l’épouse qui voudrait la conserver.

Un appartement de 100 000 € à la location au moment de la discussion.

La différence de valeur entre les deux biens obligerait l’épouse à donner une soulte de 100 000 € au mari, pour conserver la maison.

Elle ne le peut pas.

Elle bénéficie d’un droit à prestation compensatoire que nous évaluons entre avocats à 30 000 €.

Resterait 70 000 € à donner.

C’est mieux, mais trop encore.

Elle pourrait la moitié.

Blocage.

Silence.

Mais silence créateur.

Le mari déclare, péremptoire, « on ne peut pas vendre cette maison. Nous avons une fille »

La solution s’approche.

Le notaire propose au mari, prudemment : « Accepteriez-vous de renoncer à la moitié de 70 000 € à la condition que votre épouse conserve la maison ? ( Si elle vend elle vous paiera cette somme augmentée des intérêts) ».

Je demande un temps mort.

Nous sortons ensemble de la salle de réunion avec le mari.

On parle quelques minutes.

« Je ne peux pas ne pas accepter ! » Me dit-il, léger.

« C’est aussi mon avis. »

Nous revenons en réunion.

Accord conclu.

Le face à face des époux a imposé la solution.

L’opposition sur les intérêts financiers, jusqu’à cet épisode virulent a cédé.

C’est la volonté commune des parents de satisfaire à la transmission à leur fille qui a prévalu.

La suprématie de cette intention s’est imposée sans heurt.

Elle paraissant naturelle pour ces deux parents.

Leur souci commun a dépassé leur enjeu d’argent.

C’est souvent la magie des rencontres de cette nature.

On n’y est pas à l’abri du meilleur.